A quoi servent un pilote d’essai et un système d’armes ?

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Chuck Yeager devant le Bell X-1, premier pilote d’essai à franchir le mur du son en 1947.

Bien qu’assez méconnu, le métier de pilote d’essai est essentiel dans le secteur de l’aéronautique. Son rôle est de réaliser des vols d’essai afin de tester des prototypes d’avion avant que ces derniers n’obtiennent leur certification. Son analyse permet d’optimiser les performances de l’engin et sert à mettre au point de nouveaux accessoires de vol. Du fait de leur grande expérience, les pilotes d’essai sont très recherchés par les avionneurs, qui ont besoin de s’appuyer sur leur savoir-faire pour la création de tout appareil.

La formation à suivre

Au vu de l’exigence que ce métier requiert et du peu de places disponibles en France, devenir pilote d’essai peut paraître de prime abord difficile. Pour pouvoir exercer un jour cette fonction, il est indispensable de se former auprès d’un organisme spécialisé. Il n’en existe que sept dans le monde et un seul dans l’Hexagone : l’Ecole du personnel navigant d’essai et de réception (EPNER), rattachée à l’unité militaire DGA Essais en vol. Située au centre d’essais en vol d’Istres, cette école dispense des formations pour tous les pilotes d’essai. Il est possible d’y suivre un enseignement théorique de même que des exercices pratiques en vol, afin de connaître les caractéristiques des différents appareils.

Quelques missions célèbres

Indispensables au processus de conception d’un aéronef, les pilotes d’essai accomplissent des missions parfois dangereuses. Celles-ci permettent de détecter les éventuels défauts d’un appareil et de garantir des conditions de sécurité optimales. Parmi les vols d’essai les plus connus, on peut citer celui du Concorde, réalisé le 2 mars 1969 par le pilote français André Turcat. L’un des pilotes les plus reconnus de la profession, Magomed Tolboïev, a quant à lui pratiqué les tests d’innombrables appareils, y compris du Bourane, le fameux vaisseau spatial réutilisable de l’URSS qui n’a finalement jamais pu voir le jour. Les vols d’essai sont toujours d’actualité, comme l’a montré le premier test du biréacteur d’Airbus l’A350-1000, survenu à Toulouse en novembre 2016.

L’adaptation délicate d’un système d’armes sur un appareil

Si les vols d’essai sont à ce point cruciaux pour les avionneurs, c’est qu’il est pour eux nécessaire de procéder, et ce quel que soit l’engin, à des tests en condition réelles. Dans le domaine militaire, les pilotes d’essai permettent de faciliter la mise au point du système d’armes, à savoir l’ensemble des dispositifs mécaniques et électroniques installés sur un appareil. Allant de la communication au guidage en passant par la localisation, ces équipements ont besoin d’être essayés en vol par des professionnels afin d’être parfaitement réglés et adaptés à chaque appareil. Il s’agit d’une étape déterminante lors d’une phase d’essai en vol. Grâce à leur grande expérience, les pilotes d’essai sont en mesure d’identifier les lacunes d’un système d’armes.

Henri de Waubert de Genlis

 

Auteur : Henri de Waubert de Genlis

Henri de Waubert de Genlis est expert en aéronautique militaire ; les systèmes d'armes en particulier. Ancien officier de l'armée de l'air, il a été pilote d'essai sur Mirage F1 et Mirage 2000.

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